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dimanche 5 avril 2015

Pasteis de nata: le match

Le petit gâteau pâtissier typiquement portugais méritait bien un article pour conclure cette série réservée à Lisbonne. Alors voici.


Au cours de mon voyage, j'en ai goûté plusieurs qui m'ont laissée sur ma faim parce que trop sucré ou trop écoeurant ou trop froid. Pour le choisir sans faire d'erreur, autant aller vers des adresses connues et reconnues. Pourtant, nous avons évité de nous fournir à l'Antiga Confeitaria de Belem car la queue qui occupait le trottoir avait de quoi dissuader le plus patient des clients et, à vrai dire, je trouvais ça aberrant. C'est ainsi que nous nous sommes orientées vers deux établissements du Rossio qui ont pignon sur rue et sont entrés dans le coeur des Lisboètes depuis belle lurette sans attirer pour autant une marée de touristes: la Confeitaria Nacional établie depuis 1829 et la Casa Suiça qui a ouvert ses portes en 1922. 
La dégustation n'a pas été faite à l'aveugle mais sans préjugé lié à la très bonne réputation des deux pâtisseries. Le jury était composé de deux membres (l'affaire était sérieuse, même!): ma petite soeur Déborah qui a pris part à ce séjour et moi-même, votre dévoué serviteur. Cinq critères ont été pris en considération, noté chacun sur 2: la présentation, l'aspect, la texture, la saveur et le prix bien sûr! 

Casa Suiça


Déborah
Cicalia
présentation
dans un sachet papier: simple et pratique
2
très simple et pratique
1,5
aspect
dessus bien caramélisé, joli feuilletage qui ne s'effrite pas, belle forme ronde, pas gras même après réchauffage: pas mal du tout
1,5
bien caramélisé, crème d'un joli jaune, jolie forme, feuilletage trop clair, pas gras même après réchauffage: pas mal du tout


1,5
texture
crémeuse
2
crème pas écoeurante et feuilletage correct
2
saveur
pas trop sucrée, après la première bouchée, présence assez forte de la fleur d'oranger qui disparaît ensuite
2
bien sucrée, légèrement citronnée très douce
2
prix à la pièce
1euro 20: très correct
1,5
1euro 20: très correct
1
Note /10
9
8


Confeitaria Nacional


Déborah
Cicalia
présentation
jolie boîte avec ruban mais pas pratique
1,5
boîte carrée un peu trop grande
1
aspect
bien doré, cuit et caramélisé au dessus, laisse un rond huileux: plus gras
1,5
joli ensemble: feuilletage bien doré, aspect caramélisé plus joli, belle couleur de crème
2
texture
crème pas aussi légère, confirmé par la lourdeur au lever
1
crème moins « aérienne » mais pas du tout désagréable
1,5
saveur
c'est bon, pas trop sucré, très agréable avec une pointe de sel dès la première bouchée
2
pas trop sucrée: très correct petit goût de sel, fait penser à un flan, goût plus neutre
1
prix
1 euro 10
2
1 euro 10
1,5
Note /10
8
7

Verdict:

Avec une très bonne moyenne de 8,5/10, la Casa Suiça remporte le match d'une courte tête face à la Confeitaria Nacional. En tout cas, nous nous sommes bien régalées! A consommer toutefois avec modération.

Praça Dom Pedro IV, 96-104 

Praça da Figueira, 18 B/C 

samedi 3 janvier 2015

L'éclair à la pistache de "Mon père était boulanger"


Pour reprendre en douceur après une très longue pause, je vous propose une petite adresse, celle d'une boulangerie du quartier de la gare de Lyon, dénichée quelques minutes avant d'attraper mon train pour Nîmes. 
A la caisse, les femmes, aux fourneaux, les hommes. Depuis le comptoir, on aperçoit les artisans au travail et ça rassure. Car, oui, j'ai appris avec surprise que certains boulangers-pâtissiers commandaient viennoiseries et pâtisseries sur catalogue, rien que ça! Si ce n'est pas une honte! Où donc l'odeur du pain ou du croissant sortant tout juste du four? Pour moi, c'est irremplaçable. Pourtant j'ai bien peur qu'à la longue ces effluves qui autrefois signalaient de façon on ne peut plus agréable le commencement de la journée se fassent de plus en rares. 
Du temps où je vivais à Metz, j'avais visité Nancy. Au cours d'une promenade dans les belles rues de la Vieille ville, j'étais tombée en pâmoison devant la vitrine de la boulangerie Gollé. Je me rappelle encore les divines odeurs qui se répandaient bien au delà de la boutique jusqu'au trottoir mais aussi l'excellent rapport qualité prix des produits proposés. Alors je lance ce cri: "Amateurs éclairés de bonnes boulangeries, unissons nos forces pour que ces plaisirs du quotidien ne disparaissent pas de nos quartiers, de nos villes, de nos régions!"

Chez "Mon père était boulanger", de la viennoiserie aux sandwichs en passant par la pâtisserie, tout m'a séduite au premier coup d'oeil. Je n'ai pas hésité longtemps pour me décider. Verdict: les produits sont variés avec des incontournables, simples et gourmands. Pour ce message, j'ai retenu l'éclair fourré à la crème de pistache. 

 
Visuellement comme vous pouvez vous en rendre compte, ça pète, passez-moi l'expression. Du point de vue gustatif, c'est réussi. La pâte à chou est légère, le glaçage et la crème (teinte de pistache très naturelle) sucrés comme il faut, annihilant toute sensation d'écoeurement. Si, cependant, j'avais un petit bémol à formuler, je dirais que la crème est un peu trop liquide ce qui complique une dégustation sans assiette à dessert ni cuillère. Mieux vaut dans ce cas avoir les mains impeccables pour vous lécher les doigts en toute quiétude, chose que j'ai faite sans sourciller. 

Pour vivre en province depuis des années et fréquenter assidûment les boulangeries, mes références de prix sont inévitablement différentes de celles de la capitale. Toutefois entre donner mon argent au Daily Monop ou à des artisans-boulangers souriants, la question ne se pose même plus!

Boulangerie "Mon père était boulanger"
4 bis rue Lyon
75012 Paris